Le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine et treize acteurs institutionnels ont signé un protocole visant à limiter la prédation du silure sur les poissons migrateurs, notamment dans les bassins de l’Adour-Garonne. Si l’objectif de préservation des espèces menacées est partagé, les résultats attendus restent à démontrer.
Un prédateur installé au cœur des rivières du Sud-Ouest
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Le silure glane, espèce exogène particulièrement vorace, a colonisé de nombreux cours d’eau du sud de la France. Sa présence s’avère problématique pour des espèces déjà en difficulté comme le saumon atlantique, la lamproie marine, l’alose ou l’anguille européenne. Ces poissons migrateurs subissent déjà une fragmentation de leur habitat, des barrages, et une qualité d’eau en déclin. Le silure ajoute une pression supplémentaire, difficile à quantifier précisément.
Des premières expérimentations jugées “encourageantes”
Entre 2020 et 2023, une série de pêches expérimentales sur la Dordogne et la Garonne ont servi de test. Les résultats, selon les acteurs impliqués, auraient confirmé un impact notable du silure sur certaines espèces, notamment la lamproie et l’alose. L’intérêt d’une régulation ciblée a donc été avancé comme justification pour renouveler et étendre les actions.
Une extension du protocole à de nouveaux territoires
Le nouveau protocole couvre désormais aussi la Charente et l’Adour. Les opérations de pêche sont maintenues sur des zones identifiées comme sensibles. Mais leur caractère expérimental reste central. Aucune certitude n’existe encore sur l’efficacité réelle des actions entreprises, ni sur la capacité des populations de poissons migrateurs à se rétablir.
Des techniques complémentaires en cours de test
Parmi les pistes envisagées : l’effarouchement du silure à proximité des frayères, ou encore la capture et le transport de géniteurs de lamproies vers des zones “refuges”. Ces techniques, déjà utilisées dans certains cas, visent à contourner la prédation sans intervenir directement sur la densité de silures. Leur réussite repose sur des hypothèses à valider.
Une mobilisation large, mais des incertitudes persistantes
Le protocole associe des institutions aussi diverses que l’Agence de l’eau Adour-Garonne, l’OFB, EDF, des pêcheurs professionnels et des associations. Cette diversité pourrait garantir une mise en œuvre équilibrée. Mais elle soulève aussi la question du pilotage scientifique et de l’objectivité du suivi.
Une évaluation future très attendue
Toutes les actions engagées doivent faire l’objet d’un suivi scientifique rigoureux. Les effets devront être mesurés à double échelle : sur la population de silures, et sur celle des poissons migrateurs ciblés. Il faudra attendre plusieurs saisons pour juger d’une quelconque réussite.
Pas de solution miracle pour l’instant
Si le protocole témoigne d’une prise de conscience collective, il repose encore sur des bases fragiles. Aucune mesure d’éradication massive du silure n’est envisagée. La prudence reste donc de mise. En attendant des résultats concrets, l’incertitude prévaut sur les effets à long terme de ces actions expérimentales.
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