Situé aux portes du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient, le lac d’Orient attire chaque année des pêcheurs venus de toute la France. Son biotope riche, ses eaux claires et sa population exceptionnelle de carnassiers en font un lieu de prédilection pour ceux qui cherchent à capturer du lourd. Mais ce terrain de jeu, aussi vaste qu’exigeant, demande de connaître quelques règles et bons coins pour vraiment en profiter.
Un réservoir hors norme au cœur de l’Aube
Avec ses 2 300 hectares, le lac de la Forêt d’Orient impressionne. Créé dans les années 60 pour réguler les crues de la Seine, il est aujourd’hui un haut lieu de la pêche en deuxième catégorie, mais sous régime privé. Il ne fait pas partie des parcours réciprocitaires, ce qui signifie qu’il faut une carte spécifique de l’AAPPMA locale. En plus, un timbre bateau est requis pour pêcher depuis une embarcation. Rien de bien sorcier pour qui veut se frotter aux monstres du coin.
Du brochet de rêve au menu
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : des brochets de plus de 10 kilos sont fréquents, et leur densité est tout bonnement bluffante. La pêche se pratique en bateau sur l’ensemble des zones autorisées, mais certains coins comme la presqu’île de Chevaudon, les Grands Sillons ou encore l’anse de Jolivet sont de véritables pépites, surtout lorsque le niveau du lac remonte et inonde les lisières forestières.
Pour les pêcheurs du bord, pas d’inquiétude : les brochets sont aussi au rendez-vous, à condition de bien choisir ses postes. Les bases d’arbres noyés sont à scruter de près, particulièrement en hiver.
Perches massives et sandres planqués
Autre atout du lac : ses perches, en nombre et en gabarit. En bateau, elles se pêchent au large dès le printemps, alors que du bord, c’est l’hiver qui est le plus favorable. Leur spot préféré ? Le marais de la fontaine Colette, peu connu mais redoutable.
Côté sandre, les zones à prospecter sont multiples : fonds pierreux, forêt immergée, digue Beaumont, ou encore l’anse de Larivour. Là encore, la pêche en bateau ouvre bien plus de possibilités.
Cyprinidés, carpes et poissons blancs bien présents
Même si les carnassiers font la renommée du site, les amateurs de pêche au coup ne sont pas en reste. Tanches, gardons, rotengles, brèmes et même quelques carpes massives trouvent ici un habitat idéal. Pour les traquer, direction les zones calmes comme l’anse du Gaty ou la presqu’île de la Picarde, à aborder en silence au lever du jour.
Réglementation stricte mais logique
Qui dit site d’exception dit règlement clair et rigoureux. Voici quelques règles à garder en tête :
- La navigation thermique est interdite, seul l’électrique est accepté.
- La mise à l’eau sauvage est interdite : 11 cales officielles sont prévues.
- No-kill obligatoire du 2 novembre au 31 décembre pour les carnassiers.
- Horaires réglementés : navigation autorisée une demi-heure avant le lever du soleil et une demi-heure après son coucher.
- Interdiction absolue de pêcher dans les zones de réserve naturelle, zones de baignade, d’observation ou de plongée.
Une lecture attentive de la carte des restrictions est vivement conseillée avant toute session.
Le confort, la sécurité... et le bon sens
Le lac est très fréquenté aux beaux jours. Pour éviter les tensions, les pêcheurs sont invités à respecter les files d’attente aux cales, les zones de stationnement autorisées et les règles de priorité en navigation. Attention aussi aux zones exondées lors de la décrue : le stationnement y est interdit et les amendes peuvent tomber rapidement.
Un bijou naturel pour les amoureux de la pêche sportive
Avec sa variété d’espèces, sa taille démesurée et son cadre exceptionnel, le lac de la Forêt d’Orient mérite sa réputation. Il s’adresse à ceux qui aiment la pêche technique, les conditions un peu sauvages, et surtout les belles prises. Un lieu à explorer avec respect et passion.
Si tu veux les meilleures chances de réussite, vise les périodes de montée des eaux, prépare bien ton repérage, et n’oublie pas... un brochet de 12 kg pourrait bien te faire trembler les bras plus tôt que prévu.

