Un projet de classement du silure comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts suscite de vives réactions dans le monde de la pêche et de la chasse. Le gouvernement préparerait un décret visant une partie importante du territoire français, avec une possible publication attendue autour de la mi-mars 2026.
Ce texte ouvrirait la voie à des actions de régulation du silure, un poisson géant désormais bien installé dans de nombreux fleuves et rivières. Entre inquiétudes pour certaines espèces migratrices et défense d’un poisson devenu emblématique pour les pêcheurs sportifs, le sujet nourrit un débat animé.
Un projet de classement dans de nombreux départements
Le silure glane (Silurus glanis), plus grand poisson d’eau douce d’Europe, s’est largement répandu en France depuis plusieurs décennies. Introduit dans certains cours d’eau et favorisé par la pêche sportive, il colonise aujourd’hui de nombreux bassins.
Le projet de décret évoqué viserait à classer le silure comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts dans environ la moitié des départements français. Un tel classement autoriserait des actions de régulation encadrées, notamment par les autorités locales.
Dans les faits, ce statut pourrait permettre :
- des opérations de destruction ciblées
- des interventions de régulation dans certains secteurs
- des actions menées sous l’autorité des préfectures
Le texte s’inscrit dans une réflexion plus large sur la gestion de certaines espèces dans les milieux aquatiques.
La question de la prédation sur les poissons migrateurs
Les partisans du classement évoquent la présence du silure à proximité d’ouvrages hydrauliques ou de passes à poissons. Dans ces zones, plusieurs espèces migratrices remontent les cours d’eau pour rejoindre leurs zones de reproduction.
Parmi les espèces concernées figurent :
- le saumon atlantique
- l’alose
- la lamproie
- l’anguille
Des observations ont montré des silures regroupés dans ces secteurs, ce qui alimente les inquiétudes sur une prédation ciblée lors des périodes de migration. Certains gestionnaires de milieux aquatiques estiment que ces concentrations peuvent fragiliser des populations déjà sous pression.
Des fédérations de pêche expriment leur opposition
Le projet ne fait pas l’unanimité parmi les acteurs de la pêche. La Fédération de pêche du Vaucluse a notamment fait connaître son désaccord avec le classement du silure comme espèce nuisible.
Selon ses responsables, plusieurs éléments doivent être examinés avec prudence :
- le manque d’études globales sur l’alimentation du silure
- la crainte d’une désignation trop rapide d’un responsable
- la place prise par le silure dans la pêche sportive moderne
Pour de nombreux pêcheurs, ce poisson attire des passionnés venus tenter la capture de spécimens dépassant 2 mètres et parfois plus de 100 kg.
Une décision attendue autour de la mi-mars
Le calendrier du projet attire aussi l’attention du monde halieutique. Plusieurs informations indiquent que le décret pourrait être finalisé autour de la mi-mars 2026, avec une échéance évoquée dans la semaine du 16 mars.
Le texte serait déjà préparé au niveau ministériel, dans l’attente des dernières validations administratives avant une publication éventuelle au Journal officiel. Cette perspective explique la multiplication des prises de position récentes dans le monde de la pêche.
La date exacte reste incertaine, les décisions réglementaires pouvant évoluer jusqu’au dernier moment.
Un débat qui dépasse le cas du silure
La question du silure met en lumière un sujet plus large : la gestion des espèces présentes dans les rivières françaises. Entre protection de la biodiversité, activités de pêche et équilibres écologiques, les positions divergent.
Dans plusieurs fleuves comme le Rhône, la Loire ou la Saône, le silure est désormais bien implanté. Certains biologistes rappellent que son alimentation varie et qu’il consomme aussi des espèces très abondantes.
La décision finale sur son classement pourrait donc marquer une nouvelle étape dans la gestion des grands prédateurs d’eau douce en France, un dossier suivi de près par pêcheurs, chasseurs et gestionnaires des milieux aquatiques.

