Malgré plusieurs milliers de silures éradiqués, ce protocole antisilure est insuffisant pour les pêcheurs

Tibo Lepecheur
Par Lepecheur Publié le 30/05/25 à 05:48
Malgré Plusieurs Milliers De Silures éradiqués, Ce Protocole Antisilure Est Insuffisant Pour Les Pêcheurs

Un plan de lutte lancé… trop tard, trop flou, trop influencé ?

Le silure, mastodonte vorace et opportuniste, s’est taillé un royaume dans les eaux de Gironde. Face à ce prédateur devenu symbole de la dérive écologique, l’État a lancé un protocole de régulation pour 2025-2027. Sur le papier, ça semble sérieux : coordination par le préfet, 13 institutions impliquées, extension géographique, campagnes ciblées… En réalité, les pêcheurs professionnels dénoncent un écran de fumée, derrière lequel se cache une opération bien plus politique que pragmatique.

Un prédateur géant ignoré pendant des années

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Le silure, qui peut dépasser les 2,50 mètres et peser plus de 100 kilos, dévaste les populations de poissons migrateurs : lamproies, aloses, saumons. Les zones de fraie deviennent des terrains de chasse. Mais ce que beaucoup n’osent dire tout haut : cela fait des années que les professionnels alertent, sans obtenir autre chose que des réunions et des « groupes de travail ». Résultat : un protocole est signé en 2025, alors que les dégâts sont déjà massifs. Et on demande aux pêcheurs d’appliquer des solutions qu’on aurait dû expérimenter il y a dix ans.

L’ombre du lobby de la pêche loisir

C’est le sujet qui fâche. Les pêcheurs professionnels dénoncent l’influence grandissante de la pêche de loisir, omniprésente dans les décisions. Le silure, c’est la bête noire des uns, mais le trophée rêvé des autres. Sur les réseaux, les vidéos de captures de silures géants se comptent par milliers. Résultat : aucune mesure claire pour interdire ou limiter sa remise à l’eau, alors que les campagnes de régulation deviennent des casse-têtes administratifs pour les pros.

« On ne peut pas à la fois nous dire de réguler le silure et laisser les pêcheurs de loisir le relâcher pour le plaisir

», s’emporte un professionnel de l’estuaire.

Moyens insuffisants, règles floues

Parmi les 13 acteurs du protocole : EDF, l’Office français de la biodiversité, l’Agence de l’eau, et autres structures administratives. Mais aucune enveloppe financière concrète n’a été annoncée. Les campagnes de pêche ciblée ? Floues. Les techniques d’effarouchement ? Expérimentales. Les obligations des différents acteurs ? Non contraignantes. En clair, on demande aux pêcheurs de faire le sale boulot, sans moyens, ni clarté, ni protection juridique.

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Une fracture entre terrain et bureaux

Ce protocole révèle une fracture grandissante entre la technocratie naturaliste et ceux qui vivent du fleuve. D’un côté, des tables rondes et des publications. De l’autre, des filets vides, des espèces en déclin et des professionnels qui jettent l’éponge. Le plus inquiétant ? Cette rupture de confiance mine les projets à venir : à force de ne pas écouter ceux qui sont au contact du milieu, l’administration se coupe des seules forces capables d’agir efficacement.

Des questions qui restent sans réponse

  • Pourquoi attendre 2025 pour encadrer sérieusement un phénomène connu depuis 15 ans ?
  • Qui bloque les mesures de capture massive dans les zones critiques ?
  • Pourquoi le silure est-il toujours absent des espèces classées invasives en France ?

Le silure n’attend pas. Les anguilles, aloses et saumons non plus. Les pêcheurs professionnels, eux, commencent sérieusement à se lasser.

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Tibo Lepecheur
Lepecheur

Bonjour, je suis Tibo, un fervent passionné de pêche et rédacteur halieutique pour cet art ancestral. Dès mon enfance, j'ai été fasciné par l'eau et ses mystères, trouvant dans la pêche un moyen unique de me connecter avec la nature.

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8 commentaires à «Malgré plusieurs milliers de silures éradiqués, ce protocole antisilure est insuffisant pour les pêcheurs»

  • Bonjour
    Ça manque de clarté, la fédération de pêche nous dit de tuer les petits et de relâcher les grands silure Glanes. Grand? Personnel ne répond quel taille et rien d’officiel. Il serait trop tard pour les éradiquer l’objectif c’est d’attendre qu’ils auto régul. Les gros mange les plus petits… J’ai rien vu de scientifiques a ce sujet.
    Par contre moin en moin de brochet, sandre, perche, d’anguille… Pour être invasif c’est invasif il semble que seul les carpes soit epargné
    Rivière Aveyron

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  • Bonjour, le silure a toujours été LE sujet de questionnement dès le début de son introduction dans nos fleuves et rivières.
    Au tout début « ennemi public » N°1 puis quelques années plus tard faisant partie d’un équilibre halieutique et maintenant redevenu le « Al Capone » de nos spots de pêche !! J’ai la sensation que beaucoup barbotent mais que peu savent nager !!
    Alors Messieurs les beaux parleurs, que décidez-vous ???

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  • bonjour. dans la rivière l Aveyron. plus que du silure! ils s ont en quantité incroyable sur les frayères des carpes au printemps. plus de poule d eau,non plus.

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  • Ils faut savoir que ce poisson se mange dans la Nièvre ont le cuisine on l’appelle le (poisson chat )et c’est magnifique. C’est un poisson qui n’a pas d arêtes la chair très tendre une chair très consistant c’est magnifique. C’est un poisson qu’on peut élever facilement c’est le cochon des rivières et qui pourrait nourrir quasiment la planète facilement en élevage et qui est très facile à le pêcher il a pas d écailles comme une anguille . J’ai mangé se poisson toute ma jeunesse et je regrette pas .

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    • Bonjour,bien qu’appartenants tous deux à la famille des siluriforme, poisson chat et silure glanes sont bien deux espèces distincts,et le poisson chat est lui classé nuisible.Sachez que consommer le silure est assez risqué pour la santé notamment dans les grands fleuves français et rivières chargés en métaux lourd et autres polluants,car ce dernier en bon mutant à la capacité de stocker les métaux lourd dans son corps sans qu’ils lui nuisent le moins du monde.Il porte préjudice à la plupart des espèces migratoire,mais pas que aussi aux especes autochtone,limiter sa présence dans ces lieux est évident. Et pourquoi pas lui réserver quelques lieux controlés afin de satisfaire ceux qui le peche mais il y a urgence…

  • Franchement toujours tout mettre sur le dos du silure ridicule, si on commence par réduire la conneries humaine il y aurait certainement moin de problème!!! Exemple simple  » les premier à gueuler qu’il n’y a plus de sandre et qu’ils disent que c’est de la faute du silure…? Alors que ces personnes pêche les sandres sur les frayeres chercher l’erreur🥴 plus un tas de facteurs négatifs qui dégrade tour sa (pollutions, cormorans, braconnage intensif par tous ces gens des pays de l’est en grande partie, vidange ou chasse de cours d’eau en période de fray et j’en passe!! Donc un moment donné arrêter votre cinéma avec le silure, encor des bonne idées tordus des dérives écologique!!!!

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  • Nuisible où pas, il est trop tard pour l’éradiquer. Si le sujet est de préserver la biomasse, l’urgence serait de réguler le cormoran, bien plus problématique que le silure pour nos eaux douces.

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  • Prenez le temps de lire la note de l’OFB, relatant 20 ans de suivi scientifique. Le silure est le dernier facteur impactant les migrateurs, loin derrière la pollution, les barrages empêchant la libre circulation des migrateurs, le réchauffement climatique et la sur-pêche. Aujourd’hui le poisson à grandes moustaches est diabolisé, mais le véritable but de la pêche professionnelle, qui a décimé les migrateurs, est de trouver une nouvelle filière commerciale tout en se faisant passer pour la grande protectrice de la biodiversité. A ce jour aucune étude n’indique formellement que le silure est une espèce susceptible d’entrainer des désordres écologique et depuis le temps que des pêches dites  » scientifiques » ou  » de régulation » ont commencées, nous n’avons constaté aucune amélioration sur les populations de migrateurs.
    Après avoir connu une période d’explosion, les populations de silure sur les premiers axes colonisés ( Rhin/Rhône/ Saône) et dans les grands lacs se sont stabilisées et toutes les espèces piscicoles y sont représentées.

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