La grogne monte parmi les pêcheurs corses. Face à une multiplication des restrictions, beaucoup estiment que leur métier est menacé. Zones interdites, quotas renforcés, interdictions saisonnières… Ces nouvelles règles, censées préserver les ressources marines, sont vécues comme un coup de massue par ceux qui vivent de la mer.
Des réglementations toujours plus strictes
Ces dernières années, les zones de pêche interdites se sont multipliées en Méditerranée. En Corse, les professionnels se retrouvent face à une cartographie de plus en plus morcelée, réduisant considérablement les espaces où ils peuvent jeter leurs filets. Ajoutez à cela des quotas de capture plus sévères et des périodes de fermeture rallongées, et vous obtenez un cocktail explosif pour les marins-pêcheurs.
Certains dénoncent une politique qui ne prend pas en compte leur réalité économique. "Nous ne sommes pas contre la protection des espèces, mais on nous empêche purement et simplement de travailler", tempête un pêcheur de Bonifacio.
Un équilibre menacé entre préservation et survie économique
Les autorités justifient ces restrictions par la baisse des stocks halieutiques et la nécessité d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Mais sur le terrain, l’application de ces mesures choque par son brutalisme. "Nous avons des contrôles incessants, et la moindre erreur peut nous valoir de lourdes amendes. À force, on finit par se demander s’il ne vaudrait pas mieux changer de métier", s’inquiète un patron-pêcheur ajaccien.
En parallèle, la concurrence des pêcheurs étrangers dans les eaux internationales agace. "Nous, on nous met des bâtons dans les roues, pendant que d’autres continuent de pêcher sans contrainte juste en face de nos côtes", déplore un professionnel du secteur.
Vers une disparition progressive des pêcheurs corses ?
Si cette tendance se poursuit, beaucoup redoutent la fin de la pêche artisanale corse. "Dans dix ans, il ne restera que quelques bateaux, et le poisson corse sera devenu une denrée rare sur nos marchés", prédit un vieux loup de mer.
Loin d’être un simple cri d’alarme, la situation actuelle soulève une question de fond : quelle place veut-on laisser aux pêcheurs locaux ? Entre la préservation des ressources marines et la survie d’un métier ancestral, le débat est plus brûlant que jamais.

