Il y a quelques jours, sur la plage de Moriani en Haute-Corse, un homme de 75 ans a remi à l’eau trois requins à peau bleue échoués sur le sable.
Une scène rare, immortalisée par un témoin, qui met en lumière la situation préoccupante de cette espèce.
Une intervention spontanée face à une situation inhabituelle
Alors qu’il se rendait à son club de bridge, Marc Genouillac aperçoit ce qu’il pense être une personne en difficulté. En s’approchant, il découvre un requin bleu d’environ deux mètres, vivant, mais échoué. Il décide alors d’agir immédiatement pour le remettre à l’eau.
Il enlève ses chaussures, retrousse son pantalon et parvient, après plusieurs efforts, à guider l’animal jusqu’à la mer. Quelques instants plus tard, un passant l’alerte sur la présence d’un deuxième squale, échoué plus loin.
Trois squales successivement sauvés
Le deuxième requin, blessé par un gros hameçon planté dans la bouche, est en bien plus mauvaise posture. L’homme tente de retirer l'hameçon, se blesse à la main sur les dents de l’animal, puis parvient, avec difficulté, à le remettre en mer malgré son état faible.
Un troisième requin est également découvert peu après. Là encore, Marc Genouillac le reconduit vers la mer. Il s’agit de trois interventions réalisées en quelques dizaines de minutes.
Une espèce en net recul en Méditerranée
Le requin bleu, ou Prionace glauca, est rarement observé près des côtes, bien qu’il fréquente les eaux corses. Il est reconnaissable à son dos bleu profond et peut mesurer jusqu’à 3 mètres.
Autrefois plus fréquent, ce squale a vu sa population diminuer de 78 à 90 % en Méditerranée. La surpêche, les prises accidentelles et la raréfaction de son habitat figurent parmi les principales causes de ce déclin.
Des échouages de plus en plus fréquents en Corse
Ce n’est pas la première fois que l’île enregistre un tel phénomène. En 2023, un requin bleu de 2,20 mètres avait été retrouvé mort à Calcatoggio. Plus récemment, le littoral a également vu s’échouer un dauphin à Arinella le 20 février, et une tortue à Pietracorbara le même jour que les requins.
Ces épisodes posent la question de la dégradation des écosystèmes marins, notamment en lien avec les conditions climatiques et les activités humaines.
Un geste salué, mais à manier avec prudence
Le comportement de Marc Genouillac a été salué, notamment pour son sang-froid et sa réactivité. Il témoigne d’un réflexe de préservation de la faune marine. Ce type d’intervention reste néanmoins délicat et comporte des risques, autant pour l’animal que pour la personne qui agit.
Les autorités recommandent, dans ce genre de situation, d’alerter les services compétents (comme les réseaux d’échouage ou les secours côtiers) avant toute tentative de sauvetage.

