La ciguatera est une intoxication alimentaire liée à la consommation de poissons contaminés par une toxine produite par une microalgue des récifs coralliens. Plusieurs espèces sont interdites à la pêche, à la vente et à la consommation en Guadeloupe.
Une toxine d’origine naturelle mais dangereuse
La Gambierdiscus toxicus est une microalgue présente dans les récifs coralliens abîmés. Elle produit une toxine qui remonte la chaîne alimentaire, contaminant les poissons prédateurs de grande taille. Cette toxine n’est ni détruite par la cuisson, ni visible à l’œil nu.
Des espèces formellement interdites
Un arrêté préfectoral (2002-1249) établit une liste de poissons interdits à la vente et à la consommation en Guadeloupe. Ces espèces sont jugées à risque élevé de toxicité, en particulier lorsqu’elles dépassent certains poids. En voici quelques-unes :
- Carangue jaune (Caranx bartholomaei)
- Carangue franche (Caranx ruber)
- Grande sériole (Seriola dumerili)
- Pagre jaune (Lutjanus jocu)
- Pagre dents de chien (Lutjanus bohar)
- Vieille varech (Sparisoma viride)
- Murène verte (Gymnothorax funebris)
Ces poissons figurent sur une plaquette officielle diffusée par l’ARS et la DAAF.
Recommandations aux pêcheurs et consommateurs
Les pêcheurs professionnels et amateurs doivent pouvoir reconnaître les espèces concernées et les écarter systématiquement de la vente ou de leur consommation personnelle.
Les consommateurs, quant à eux, doivent faire preuve de prudence :
- Ne pas acheter de poissons à des vendeurs itinérants non identifiés
- Se renseigner précisément sur l’espèce et le lieu de pêche
- Éviter les espèces inconnues ou inhabituelles
Les professionnels de la restauration sont également concernés : toute commercialisation des espèces citées est interdite.
Symptômes et conduite à tenir
L’intoxication se manifeste par des troubles digestifs, neurologiques et musculaires, qui peuvent apparaître quelques heures après ingestion. En cas de suspicion :
- Consulter rapidement un médecin
- Conserver les restes du repas au congélateur pour permettre une analyse
Les cas doivent être déclarés à l’Agence Régionale de Santé (ARS) et à la DAAF.
Une vigilance collective
La prévention de la ciguatera repose sur la connaissance précise des espèces interdites et une vigilance renforcée à tous les niveaux : pêche, vente, restauration et consommation domestique. La consultation régulière de la liste actualisée des poissons dangereux est vivement conseillée.


