Le règlement 2025 de la Fédération de pêche des Ardennes fait des vagues. Entre hausse des prix et restrictions drastiques, les pêcheurs crient à l’injustice. Certains parlent même d’illégalité. Décryptage d’un dossier explosif.
Une augmentation des tarifs qui ne passe pas
C’était à prévoir, mais pas de quoi calmer les esprits. La carte départementale passe de 86 à 88 €, tandis que la carte interfédérale grimpe de 110 à 112 €. Une hausse « modérée » selon Michel Adam, président de la fédération. Mais le véritable problème n’est pas là. Le coup de massue vient d’une réforme qui touche directement la pratique des pêcheurs ardennais.
Fin de la réciprocité : une réforme qui divise
Jusqu’ici, une carte départementale permettait de pêcher à quatre lignes sur l’ensemble du territoire fédéral. Terminé. Désormais, cette liberté est réservée uniquement au territoire de son association. Pour pêcher ailleurs avec plusieurs lignes, il faudra débourser les 112 € de la carte interfédérale.
Officiellement, il s’agit d’une "uniformisation". En réalité, cette suppression de la réciprocité est perçue comme un passage en force. Michel Adam justifie cette décision en affirmant que les Ardennes étaient "à la traîne" par rapport aux autres départements du Grand Est. Pourtant, certains détracteurs réfutent cet argument. Dans la Marne, l’Aisne et la Haute-Marne, la réciprocité départementale est toujours en place. Une "uniformisation" à géométrie variable ?
Un règlement contesté... et peut-être illégal ?
La fronde ne se limite pas aux discussions houleuses entre pêcheurs. Certains administrateurs creusent la question juridique et pourraient bien faire annuler ce règlement. Selon eux, le code de l’environnement impose un arrêté préfectoral pour valider ces restrictions. Problème : aucun arrêté n’a été pris.
Sans cette validation administrative, les gardes-pêches ne peuvent même pas verbaliser les contrevenants. Une faille qui pourrait faire exploser cette réforme en plein vol.
Des privilèges pour certains, des pertes pour d’autres ?
Autre sujet explosif : la nouvelle répartition des lots de pêche. Certains secteurs, comme Sedan ou Carignan, perdent des kilomètres de berges, au profit d’autres associations. Parmi les gagnants : l’association de Bazeilles, présidée… par Michel Adam lui-même.
Faut-il y voir un conflit d’intérêts ? Certains présidents d’associations dénoncent une réforme taillée sur mesure pour favoriser certaines structures au détriment d’autres.
La pêche en danger ?
Pour certains pêcheurs, c’est la mort annoncée du loisir populaire. Une famille explique déjà qu’elle ne prendra pas de carte cette année. Trop cher, trop compliqué. D’autres parlent d’un exode vers d’autres départements.
En face, les défenseurs du règlement jouent la carte de la nécessité économique. Mais en voulant récupérer plus d’argent, la fédération risque surtout de voir les adhésions fondre comme neige au soleil.
Vers un recours devant la justice ?
Face à la colère, un recours devant le tribunal administratif est envisagé. Plusieurs administrateurs et présidents d’associations s’organisent pour faire tomber cette réforme. Une bataille juridique s’annonce.
Le temps presse : les nouvelles cartes sont déjà en vente et les premières verbalisations pourraient tomber. Mais si les contestataires obtiennent gain de cause, ce règlement pourrait être invalidé avant même d’être appliqué.
Affaire à suivre… et tensions garanties au bord de l’eau.