La pêche de la tanche au feeder gagne en popularité, portée par l’envie de cibler ce poisson discret, au comportement atypique et aux couleurs singulières.
Voici un tour d’horizon des pratiques efficaces pour l’approcher avec méthode.
Un poisson méfiant et attaché aux herbiers
La tanche affectionne les zones calmes, peu profondes, riches en végétation aquatique. Les nénuphars, herbiers et forêts immergées constituent ses repaires favoris, que ce soit en étang, petite rivière ou grand lac. Grégaire, elle se déplace en petits groupes et se montre prudente face aux perturbations.
Sa présence varie selon la saison : absente en hiver, elle devient plus active dès le printemps, particulièrement entre mai et juin. En été, elle reste en activité, même sous forte chaleur. En automne, elle augmente sa prise de nourriture avant l’hiver.
Esches : vers, graines et bouillettes
Les esches adaptées à la tanche reflètent ses goûts proches de ceux de la carpe. Trois familles dominent :
- Vers de terreau : très attractifs, à utiliser coupés dans le feeder et entiers ou en bouquets à l’hameçon.
- Graines : maïs doux et chènevis dans l’amorce, grains de maïs piqués ou montés au cheveu.
- Asticots rouges : efficaces seuls ou en panaché avec le maïs.
Pour les plus gros sujets, des microbouillettes fruitées de 10 mm montées au cheveu offrent une présentation discrète. La couleur rouge et les saveurs sucrées (fraise, Tutti Frutti) ressortent comme les plus prisées.
Amorce : sombre, collante et sucrée
La tanche préfère les amorces sombres et lourdes, qui libèrent leurs effluves lentement sur le fond. Cela limite l'attraction des petits poissons et préserve la discrétion du coup.
Parmi les composants fréquemment cités :
- Pain d’épice : ingrédient phare, apprécié pour son goût sucré et son pouvoir collant. À doser autour de 20 %.
- Mélasse : épaisse et visqueuse, elle assombrit le mélange et ajoute des notes caramélisées.
- Composants classiques : biscuit sucré, chapelure brune, PV1, polenta, farine de maïs, chanvre grillé.
Un exemple de recette inclut 3 parts de chapelure brune, 1 part de pain d’épice, 1 part de gluten de maïs, et un assaisonnement via la mélasse.
Montages : discrets et robustes
La tanche exige des montages fiables et peu intrusifs. Trois approches dominent :
- Montage feeder hélicoptère : efficace pour les gros poissons, il limite les emmêlements.
- Montage au cheveu : permet une présentation libre de l’esche, améliore la piqûre.
- Plomb d’Arlesey + amorçage à la fronde : très discret, adapté aux poissons méfiants.
Les feeders ouverts de grande contenance permettent de nourrir le coup tout en limitant la fréquence des lancers. Cela favorise la tranquillité du poste, une condition indispensable pour l’arrivée des tanches.
Distance, canne et moulinet
Inutile de pêcher loin : 20 mètres suffisent, voire moins selon les plans d’eau. L’équipement doit permettre de contrer les puissants rushs du poisson. Des cannes de 3,30 m à 3,60 m, associées à un moulinet feeder robuste (ex. Trinity Feeder 556 FD), assurent un bon contrôle.
Discrétion et patience, les clefs du succès
Pêcher la tanche au feeder demande moins de lancers, plus d’attente. Un montage laissé en place 15 à 20 minutes laisse le temps aux poissons de s’installer. L’idée est de monter progressivement le coup tout en évitant les nuisances sonores.
Cette pêche, exigeante mais accessible, récompense les pêcheurs qui savent allier observation, calme et choix précis de l’amorçage. La tanche reste un poisson à part, à la fois emblématique et discret, dont la capture conserve une saveur particulière.

