Deux jours avant l'ouverture officielle de la truite, j'ai assisté à quelque chose que beaucoup de pêcheurs connaissent mais dont on parle trop peu : un homme, canne en main, ligne à l'eau, au bord d'une rivière de 1ère catégorie. En cette première semaine de mars. En pleine période de fermeture.
Ce que j'ai vu ce début de semaine
C'est en longeant la rivière que j'ai aperçu la scène à l'aller. Un pêcheur installé confortablement, visiblement pas à son premier coup d'essai dans ce secteur. Pas une erreur de date, pas un novice qui ne sait pas lire un calendrier. Quelqu'un qui savait parfaitement ce qu'il faisait, et qui avait visiblement décidé que les règles ne le concernaient pas.
J'ai continué mon chemin, un peu amer, comme on l'est souvent dans ces moments-là. On voit, on s'indigne intérieurement, et on repart sans trop savoir quoi faire.
Mais au retour du Gamm vert, la scène avait changé.
Le même pêcheur était toujours là, sauf qu'il n'avait plus la canne en main. En face de lui, un garde-pêche assermenté, carnet sorti, stylo en main. Contravention en cours. Le genre de moment gênant dont on se souviendrait longtemps. Je n'ai pas traîné, mais le tableau était suffisamment clair : il avait été contrôlé, verbalisé, et la sortie de pêche anticipée se terminait autrement qu'il ne l'avait prévu.
Ce genre de comportement, beaucoup d'entre vous l'ont déjà croisé. On l'évoque entre habitués, on s'en indigne, et puis on passe à autre chose. Pourtant, c'est un vrai problème et visiblement, les gardes-pêche patrouillent.
Pourquoi la période de fermeture existe
La fermeture de la truite ne tombe pas au hasard. Elle coïncide avec la période de reproduction : les farios frayent entre novembre et février selon les cours d'eau. Pêcher pendant cette phase, c'est perturber directement la reproduction de l'espèce et potentiellement décimer les alevins d'une génération entière sur un secteur.
Les règles ne sont pas là pour embêter les pêcheurs, elles sont là pour qu'il y ait encore des truites à pêcher dans dix ans.
Les sanctions encourues
Pêcher en période de fermeture, c'est une infraction à la loi sur la pêche en eau douce. Les gardes-pêche assermentés, les agents de l'OFB (Office Français de la Biodiversité) et les gardes-rivières des AAPPMA ont pouvoir de verbalisation. Les amendes peuvent atteindre plusieurs centaines d'euros, auxquelles s'ajoutent la confiscation du matériel et, en cas de récidive, des poursuites pénales.
Ce que j'ai vu ce matin-là n'était pas un cas isolé imaginaire, c'était la réalité d'un contrôle, rapide et sans appel.
Samedi 14 mars, enfin dans les règles
Dans deux jours, l'ouverture officielle aura lieu. Les rivières seront légitimement envahies de passionnés qui auront respecté l'attente, qui auront préparé leur matériel, vérifié leur carte de pêche, choisi leur secteur.
C'est ça, la culture halieutique. Pas raccourcir la saison pour gratter quelques sorties de plus.
Si vous croisez ce genre de situation, signalez-le à votre AAPPMA locale ou via le numéro vert de l'OFB. Ce n'est pas de la délation, c'est protéger une ressource qui appartient à tous.

