Claude Roustan, président de la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF), a pris la parole sur un sujet qui divise les pêcheurs comme rarement : le classement du silure en espèce nuisible. Loin de trancher, sa déclaration laisse une impression d’esquive. Oui, la Fédération refuserait un classement national du silure comme nuisible. Mais derrière cette annonce, les zones d’ombre ne manquent pas.
Une réponse à moitié qui fait grincer des dents
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Une pression grandissante des pêcheurs de loisir
Tout est parti d’une intervention de Frédéric Bonnet, vice-président de l’AAPPMA Pêcheurs Sportifs Rennes et sa Région, lors de l’assemblée générale de la fédération départementale d’Ille-et-Vilaine. Il accuse frontalement : le pouvoir de quelques centaines de pêcheurs professionnels pèse plus que celui d’1,5 million de pêcheurs de loisir. Et il exige une position claire. Pas de langue de bois.
Face à lui, Claude Roustan tente une réponse mesurée : si le silure devenait officiellement nuisible, la FNPF engagerait une procédure pour s’y opposer. Mais dans la foulée, il reconnaît que la Fédération ne dispose d’aucun document scientifique solide pour soutenir une position tranchée. Une phrase qui alimente les soupçons d’inaction déguisée.
La guerre intestine au sein même de la Fédération
Autre aveu étonnant de la part du président Roustan : la FNPF elle-même serait divisée sur la question. Certains seraient pro-silure, d’autres farouchement contre. Résultat : une ligne floue, sans engagement fort, qui laisse les pêcheurs sur le terrain sans repères.
Cette cacophonie interne soulève une question majeure : comment une instance nationale peut-elle défendre les intérêts des pêcheurs sans ligne claire ni appui scientifique ?
Sur les réseaux, les critiques fusent
Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les propos de Claude Roustan soient disséqués sur les réseaux sociaux. "Réponse mouligasse", lit-on en boucle. Et certains rappellent le précédent du cormoran, où la Fédération avait attendu d’être attaquée en justice pour réagir. Le résultat ? Des dégâts irréversibles, selon beaucoup.
Cette prudence excessive est perçue comme un abandon déguisé des pêcheurs, et comme un feu vert implicite donné aux professionnels pour continuer les massacres. En Dordogne, des silures sont abattus sous prétexte de protéger les migrateurs. Et la Fédération regarde ailleurs.
Un poisson devenu symbole de fractures
Le silure est devenu plus qu’un simple poisson. Il incarne aujourd’hui un conflit d’intérêt, une fracture entre deux mondes : celui de la pêche de loisir, massive, passionnée, et de plus en plus consciente des enjeux écosystémiques, et celui de la pêche professionnelle, discrète mais influente.
Dans ce contexte, l'inaction équivaut à un choix. Et c’est précisément ce que beaucoup reprochent à la FNPF : de ne pas avoir le courage de trancher, de rester à distance pour ne pas froisser, quitte à laisser faire.
Jusqu’à quand l’ambiguïté ?
Le dossier silure révèle bien plus qu’une querelle sur une espèce controversée. Il pointe les limites d’une gouvernance paralysée par la peur du conflit, incapable d’assumer un leadership clair. À vouloir ménager la chèvre et le chou, la Fédération finit par laisser le terrain libre à ceux qui crient le plus fort. Et ce ne sont pas toujours les plus nombreux.
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